L'origine de ce terme remonte au mot allemand Gang, qui veut dire filon. La gangue comprend généralement tous les minéraux d'un gîte métallifère qui, d'une part, diffèrent de ceux de la roche encaissante et qui, d'autre part, ne sont pas recherchés par l'exploitant. Pour certains auteurs, cette notion de gangue rejoint plus ou moins la notion de « stérile » employée par le mineur et qui désigne tout ce qui accompagne la minéralisation, aussi bien la gangue que la roche encaissante ; mais il y a là une extension peu souhaitable du sens premier.
Les minéraux de la gangue sont souvent silicatés ou carbonatés, parfois sulfatés, fluorés ou oxydés. Certains auteurs y ajoutent des minéraux métalliques, qui pour une occurrence donnée ne sont pas exploités : c'est le cas de la pyrite, de la chalcopyrite, de l'arsénopyrite, etc.
Du point de vue géologique, on admet généralement que, dans les gîtes filoniens, les minéraux de la gangue et ceux du minerai ont une origine commune, bien que la gangue se forme, le plus souvent, en premier. De ce fait, certaines associations entre gangue et minerai sont bien connues : apatite et magnétite ; fluorine ou barytine et galéno-sphalérite ; tourmaline et cassitérite.
L'étude des relations minerais-gangue est importante pour assurer une exploitation rentable du minerai ; car la nature de la gangue peut augmenter ou réduire le nombre des opérations nécessaires pour concentrer le minerai.
Cette notion de gangue est, en fait, assez floue, car elle est étroitement subordonnée aux besoins de l'économie et à l'avance de la technologie ; ainsi, des minéraux actuellement sans valeur peuvent donner lieu à une exploitation rentable dans un avenir proche. D'autres minéraux, comme la fluorine, sont ici considérés comme gangue et là sont activement recherchés.
Yannick LOZAC'H
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