Empereur romain (253-268), né vers 218, mort en septembre 268 près de Milan.
Le Sénat, conscient qu'un homme seul ne peut orchestrer les opérations militaires de grande envergure que requiert la défense de l'Empire, devenu la proie des invasions étrangères, proclame Licinius Egnatius Gallienus, dit Gallien, co-empereur avec son père, Valérien, en 253. Tandis que Valérien prend le commandement du front oriental, Gallien lance une série de campagnes contre les Goths sur le Rhin et vainc les Alamans à Milan en 258. Il est ensuite amené à écraser coup sur coup les révoltes d'Ingenuus et de Regalianus dans l'Illyricum. Fait prisonnier en juin 260 par Shahpur Ier, roi des Perses, Valérien décède en captivité. Gallien assume dès lors seul les commandes de l'Empire. Alors que trente de ses généraux, surnommés les Trente Tyrans, s'imposent dans les diverses provinces de l'Empire, Rome obtient le ralliement d'Odeinat, seigneur de Palmyre, qui vient à bout de Shahpur Ier et soumet l'empereur usurpateur Quietus à Émèse (auj. Homs, en Syrie). En récompense de ses hauts faits, Gallien lui décerne le titre de corégent de tout l'Orient. Mais à peine les Perses ont-ils pillé les provinces rhénanes et danubiennes, que l'est du territoire subit les ravages des Germains. Dès lors, Gallien n'exerce plus lui-même son autorité que sur l'Italie et les Balkans. De nouveau confronté vers la fin de son règne aux actions belliqueuses des Goths, l'empereur voit ses manœuvres défensives contrariées par l'insurrection du général usurpateur Aureolus. Gallien est assassiné par ses officiers supérieurs alors qu'il assiège ce dernier à Milan. Marcus Aurelius Claudius Gothicus, commandant de la cavalerie, lui succède sous le nom de Claude II le Gothique.
Le règne de Gallien est marqué par plusieurs initiatives d'une portée particulière. Ainsi, le contrôle exercé par le civil sur le militaire se retrouve considérablement limité à la suite de la décision de Gallien, qui rompt avec une tradition vieille de quelque sept siècles, de retirer aux sénateurs le commandement des armées romaines au profit d'officiers équestres professionnels. Parallèlement, il confère à la cavalerie un rôle accru dans la guerre en créant une réserve de cavalerie mobile, qui va devenir la clé de voûte de l'armée de campagne de la fin de l'Empire. Enfin, pendant la période relativement pacifique des années 262-267, Rome connaît, sous les auspices de Gallien, un nouvel essor de la vie intellectuelle – renouveau dont les objets d'art et les œuvres littéraires contemporaines, en particulier celles de Plotin et d'autres philosophes néoplatoniciens, constituent l'expression éloquente.
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