« Ma vie a deux pages, l'une littéraire et l'autre politique, écrivait Francesco De Sanctis en 1869 ; ce sont deux devoirs que j'accomplirai jusqu'au bout. » S'il est vrai que son rôle politique en Italie ne fut pas négligeable, on retient surtout aujourd'hui sa conception originale de l'art comme forme, malheureusement limitée par un moralisme intransigeant.
Francesco De Sanctis est né à Morra Irpina dans la province d'Avellino. Quand il eut neuf ans, on l'envoya étudier à Naples chez un oncle qui dirigeait une école privée. Les religieux qui s'occupèrent de sa première éducation firent de lui un lettré frotté d'humanisme, dont la culture et la sensibilité étaient celles d'un homme du xviiie siècle. En 1834, une maladie de son oncle l'obligea à interrompre ses études juridiques pour commencer à enseigner à son tour ; il continua par ailleurs à se perfectionner en suivant les leçons du marquis Basilio Puoti, un puriste pour qui la littérature s'arrêtait au xvie siècle. Le disciple devint bientôt un maître, en 1839, à l'école de Vico Bisi où il découvrit l'illuminisme français e […]
