1. Le souffle et le son
Toutes les formes de flûtes, si dissemblables d'aspect soient-elles, découlent du même principe acoustique ; la projection d'une lame d'air contre une arête, biseau ou labium.
Dans le cas de la flûte à bec, l'air est canalisé par un conduit et vient buter sur le biseau, l'instrumentiste tenant le bec entre les lèvres.
Dans le cas des autres flûtes (de Pan, droite, traversière), l'instrumentiste applique l'orifice de la flûte contre la lèvre inférieure. Le souffle est canalisé directement par les lèvres et vient buter le côté opposé de l'orifice qui fait office de biseau où se produit de part et d'autre une alternance dans la répartition du souffle, alternance qui provoque l'ébranlement de la colonne d'air. Le son est alors émis, quasi pur, parce que ne donnant que peu d'harmoniques. Une pression accentuée du souffle provoque l'émission de partiels ; si l'on bouche tous les trous, on obtient facilement les cinq ou six premiers. La flûte est à considérer comme un tuyau ouvert aux deux bouts ; le tampon n'intervient que pour l'accord intérieur de l'instrument. Plus la fraction de l'orifice recouverte par la lèvre est grande, plus le son baisse. On connaît toutefois une flûte conique à bout fermé résonnant comme un tuyau ouvert (Congo). La forme de la perce est de la plus haute importance ; la matière (maillechort, argent, diverses espèces de bois tels grenadille, ébène, buis, etc.) ne joue aucun rôle acoustique, à proprement parler.
Le son est entretenu le temps voulu par l'instrumentiste. Il n'y a aucun intermédiaire entre celui-ci et son instrument. La qualité du son est influencée par l'orientation donnée au souffle par les lèvres et par la pression du souffle. Le son sera directement lié à la personnalité de l'instrumentiste.
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