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WIDAL FERNAND (1862-1929)

Médecin et bactériologiste français, l'un des fondateurs du sérodiagnostic (application du phénomène d'agglutination des microbes au diagnostic de certaines maladies). Interne à vingt-deux ans, puis médecin des Hôpitaux de Paris et professeur agrégé (1895), Widal succède à son maître Dieulafoy à la chaire de pathologie interne (1911). En 1918, élu à l'une des chaires de clinique médicale, il l'installe à l'hôpital Cochin où son remarquable esprit de synthèse, sa vaste culture et son enthousiasme pour l'enseignement en font un extraordinaire chef d'école.

Attiré par la bactériologie, ami de Roux et des pasteuriens, il s'intéresse en 1886 à l'étiologie de la fièvre typhoïde, confirme la découverte d'Eberth et montre la transmission de la maladie par l'eau ; il montre aussi, avec Chantemesse, que l'on peut immuniser l'animal contre cette infection par l'injection d'une culture chauffée du bacille responsable. Deux ans plus tard, il découvre le bacille de la dysenterie épidémique, auquel Shiga donnera son nom. En 1889, dans sa thèse sur L'Infection puerpérale, la phlegmatia alba dolens et l'érysipèle, il montre que ces trois affections, dissemblables en apparence, ont une cause commune, le streptocoque, dont les variations de virulence entraînent des lésions polymorphes. Enfin, en 1896, il découvre le sérodiagnostic de la fièvre typhoïde (réaction de Widal) et poursuit, avec Chantemesse, des recherches sur l'immunité conférée par des substances solubles contre cette infection. Puis, en 1900, il s'intéresse au diagnostic cytologique des épanchements et étudie en particulier le liquide céphalorachidien dont le cytodiagnostic est actuellement classique. Entre 1903 et 1911, ses analyses des divers symptômes des maladies du rein révolutionnent la néphrologie car, mettant au premier plan l'examen des troubles fonctionnels, il isole quatre grands syndromes, encore admis actuellement à quelques modifications près : albuminurie, œdèmes, azotémie, hypertension artérielle ; il montre l'influence néfaste du sel sur l'organisme des sujets atteints de néphrites, et conseille le régime déchloruré. En outre, et surtout, il fonde le pronostic des néphrites chroniques sur le taux de l'urée sanguine (1903). Il définit la crise hémoclasique et la met en évidence dans un certain nombre d'affections par sensibilisation (asthme, coryza, œdème...). Parmi ses autres travaux, citons la sémiologie des rétentions biliaires, les ictères infectieux, l'isohémolyse et le sérodiagnostic de l'actinomycose.

Jacqueline BROSSOLET

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