Originaire du Pont, ordonné lecteur par saint Basile de Césarée, diacre par saint Grégoire de Nazianze, qu'il suivit à Constantinople, où sa prédication connut un grand succès, Évagre, « pour le salut de son âme », quitta cette capitale (382) et se retira d'abord à Jérusalem, puis en Égypte, où il se fit le disciple de Macaire d'Alexandrie et mena jusqu'à sa mort la vie monastique dans le désert de Nitrie (Skété). Il gagnait sa vie à transcrire des manuscrits.
Évagre est à notre connaissance le premier moine qui ait laissé une large production littéraire. À cause des condamnations qu'encourut sa mémoire pour ses tendances origénistes, ses œuvres ont pour la plupart disparu dans leur texte grec original et ne nous ont été conservées que dans des traductions syriaques, arméniennes, latines (Rufin, Gennade). La critique moderne a déjà beaucoup fait et a encore beaucoup à faire pour reconstituer l'héritage littéraire d'Évagre, dont on connaît : l'Antirrheticos (Réfutation), recueil de sentences à opposer aux tentations du démon, divisé en huit livres, un contre chacun des huit (sic) péchés capitaux — conservé en grec et en syriaque ; le Monachico […]
