Élevé au niveau du mythe littéraire, moins pour la publication de ses Mémoiresque pour les personnages de Vautrin et de Valjean qu'il aurait inspirés à Balzac et à Hugo, Vidocq appartient surtout à l'histoire de la police.
Fils d'un boulanger d'Arras, il commet son premier vol à seize ans, s'engage, déserte, est condamné en 1796 pour un faux qu'il n'aurait pas commis, s'évade du bagne de Brest, est repris, s'échappe à nouveau. Mais il connaît l'« angoisse de la chaîne » et décide de trahir le « milieu » en échange d'une amnistie. Dubois, préfet de police de Napoléon, se laisse convaincre par son chef de division Henry, un spécialiste du crime. Vidocq entre au service de la police. N'en soyons pas surpris. Ses principaux chefs (Piis, un chansonnier devenu secrétaire général de la Préfecture de police, le géographe Boucheseiche, Veyrat, Desmaret, chef de la Sûreté au ministère) sont des déclassés. Parmi les agents secrets, on trouve le comte de Montgaillard et un écrivain de talent, Fiévée.
Les débuts de Vidocq sont si éclatants qu'une brigade spéciale formée d'anciens bagnards lui est confiée en 1811. Pasquier, qui succède à Dubois, reconnaît dans ses Mé […]
