Après avoir fait à Paris des humanités classiques très soignées, Étienne Dolet entreprend le traditionnel tour des universités européennes, notamment à Padoue, qui est l'un des centres les plus réputés de l'humanisme italien avec une forte coloration épicurienne. Après un passage à Toulouse (droit), où son éloquence fait des ravages dans les milieux estudiantins, il se fixe à Lyon auprès de l'un des plus grands imprimeurs du siècle, Gryphius (Sébastien Gryphe). Dès lors, il mène conjointement un travail de philologue érudit et d'imprimeur, correcteur et lecteur d'épreuves. Il rédige les Commentaires de la langue latine, énorme compilation d'étymologies, de racines et d'élucubrations parfois saugrenues, constituant l'un des premiers lexiques étymologiques pour le latin. Bourré de notes et de digressions, c'est un livre de travail, à lire à loisir, et qui ne manque pas d'intérêt.
Cependant, la vie agitée de Dolet semble mal s'accorder avec le métier austère et calme qu'il s'est choisi : à Lyon, il commet notamment, de manière semble-t-il accidentelle, un meurtre qui inaugure la longue série de ses déboires avec l'autorité ; il s'enfuit à Paris, obtient sa grâce de F […]
