Poète espagnol, andalou comme Federico García Lorca, Emilio Prados appartient lui aussi à la « génération de 1927 » qui marqua un renouveau éclatant dans la poésie espagnole : J. Guillén, P. Salinas, V. Aleixandre, R. Alberti, L. Cernuda, D. Alonso... Dès 1924, en collaboration avec Manuel Altolaguirre, poète lui aussi, il dirige à Málaga l'imprimerie Sur rendue célèbre par la publication de la revue Litoral (1926-1929) et des premiers livres des poètes de 1927. Il participe à la guerre civile du côté des Républicains puis s'exile au Mexique où il meurt. Son œuvre poétique, parfois hermétique, toujours très intense, exprime les tourments d'un esprit hanté par la solitude, la maladie, la mort, l'éternité. Ses premiers livres sont écrits sous l'influence de Juan Ramón Jiménez et de la chanson populaire andalouse : Tiempo (1926), Vuelta (1927), Cuerpo perseguido (1928). Comme pour Rafael Alberti ou Lorca, le surréalisme l'aide à délivrer des images ou des accents nouveaux pour dire sa crise intérieure ou ses préoccupations sociales : La Voz cautiva, Andando, andando por el mundo (1934-1935). Dans les années de trouble précédant […]
