Pédagogue et compositeur suisse, né à Vienne et mort à Genève. Professeur d'harmonie au Conservatoire de Genève en 1892, convaincu de la nécessité de réformer les méthodes habituelles de formation des musiciens professionnels, Émile Jaques-Dalcroze remit en question l'enseignement de l'harmonie et développa un système d'éducation rythmique, appelé eurythmie, dans lequel on utilise les mouvements corporels pour traduire des rythmes musicaux. Vers 1905, il appliqua ses méthodes d'eurythmie aux élèves des écoles élémentaires ; en 1910, il fonda à Hellerau, en Allemagne, la première école d'enseignement de l'eurythmie, et en 1914, à Genève, l'institut qui porte son nom et qu'il dirigea jusqu'à sa mort.
Par l'eurythmie, Jaques-Dalcroze se proposait d'approfondir la prise de conscience des rythmes musicaux ; elle avait pour but de « créer, à l'aide du rythme, un courant rapide et régulier de communication entre le cerveau et le corps ». Jaques-Dalcroze enseignait à ses élèves comment représenter les valeurs des notes par des mouvements de pieds et du corps, et les intervalles de temps par des mouvements de bras. Sa méthode (ou une version modifiée de cette méthode) fut fréquemment utilisée pour exprimer plastiquement des fugues, des symphonies et des opéras. L'eurythmie influença également le développement de la danse au xxe siècle.
Michèle GRANDIN
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