Il est banal de rappeler que la spécialisation des connaissances et des compétences connaît de nos jours une croissance exponentielle. Mais c'est dès le xviiie siècle que les systèmes éducatifs européens ont été confrontés à des choix qui s'avèrent difficiles à mettre en œuvre tant les enjeux en sont multiples et contradictoires : Que faut-il enseigner ? À qui ? Dans quels buts ? Au service de quels intérêts ? Il y aurait à fixer et à officialiser, sous forme de filières et de programmes, les moments opportuns – ni trop précoces, ni trop tardifs – où placer, dans les cursus d'études, des « bifurcations » de plus en plus spécialisatrices.
Un risque n'a pas été évité, que les recherches d'interdisciplinarité tentent de rendre moins dommageable : les enseignements se sont cloisonnés en disciplines dont les professeurs se font une « spécialité ». Beaucoup d'enseignants demeurent néanmoins attachés à ce qui est encore considéré comme l'une des raisons premières de leur fonction : dans la tradition des « humanités », qu'elles soient classiques ou modernes, toutes les branches de la formation initiale doivent concourir, ensemble, par la constitution d'une cult […]
