Né à Épinay-sur-Seine d'un père cheminot, Edmond Maire est entré dans la vie professionnelle dès sa sortie du lycée. Tout en travaillant aux peintures Valentine, il suit des cours de chimie au Conservatoire national des arts et métiers. Grâce à cette formation, il entre au centre de recherche Pechiney, en 1954, comme technicien chimiste. Il exerce peu son nouveau métier puisque, dès 1958, il devient permanent syndical : il a vingt-sept ans. Ce militant chrétien est alors secrétaire du syndicat C.F.T.C. des travailleurs des industries chimiques de la région parisienne. À partir de 1960, il exerce des responsabilités à la fédération des industries chimiques, d'abord comme secrétaire puis comme secrétaire général (1964-1970). Une petite fédération très dynamique qui sera une des plus actives dans la « déconfessionnalisation » de la centrale chrétienne. À ce titre, Edmond Maire est un des artisans de la création de la C.F.D.T.
Élu membre de la commission exécutive de la C.F.D.T. en 1970, il succède à Eugène Descamps comme secrétaire général de la Confédération en 1971 et est régulièrement réélu à ce poste. Responsable du secteur social à la commission exécutive, c'est lui qui négocie avec Georges Séguy l'accord qui rapprochera la C.G.T. et la C.F.D.T. dans l'action. Une rupture intervient pourtant peu après entre les deux syndicats à propos de l'intervention soviétique en Afghanistan et à cause du trop grand lien entretenu par la C.G.T. avec le Parti communiste.
Ancien militant du P.S.U., proche de Michel Rocard, Edmond Maire adhère en même temps que lui au Parti socialiste en 1974. Il se montre ardent partisan de l'autogestion. En distinguant, lors du congrès de Nantes, le « socialisme autogestionnaire » du « socialisme centraliste » qu'il semble reconnaître dans le programme commun de la gauche, il agace François Mitterrand. Ses rapports avec le président de la République après 1981 sont pleins de méfiance et de malentendus, même si la C.F.D.T. se révèle souvent le meilleur allié du pouvoir socialiste.
Edmond Maire prend ses distances avec le Parti socialiste et, en 1979, il fait prévaloir dans la C.F.D.T. une politique de « recentrage », qui sera appelé ensuite resyndicalisation, par laquelle priorité est donnée à l’action syndicale sur les relations du syndicat avec les partis politiques. En 1988, après avoir mis en place une nouvelle équipe menée par Jean Kaspar, Edmond Maire renonce à ses responsabilités syndicales. De 1989 à 1999, il préside l'entreprise de tourisme social Villages Vacances Familles, qu'il fait passer du secteur associatif au statut de société anonyme (aboutissant au licenciement de plus de 100 salariés sur 2 000 en 1998). Il dirige ensuite France Active, une société d'investissement spécialisée dans l'économie solidaire.
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