Le terme sanskrit dharmakāya signifie « corps de la loi » et apparaît déjà dans les textes les plus anciens du bouddhisme par opposition aux pūtikāya, « corps de pourriture » et aux manomayakāya, « corps spirituels » avec lesquels le Buddha se déplace dans les univers. Le dharmakāya représente alors l'ensemble des doctrines enseignées par le Buddha. Pour les Sarvāstivādin, le dharmakāya est l'ensemble des dharma, ou choses pures, qui forment le Buddha : moralité, concentration, sagesse, libération et connaissance de cette libération. Ce dharmakāya est opposé au rūpakāya, « corps matériel (ou corps historique) », et au nirmāṇakāya, « corps fictif, corps de magie », que le Buddha peut faire apparaître partout. Dans le Mahāyāna, le dharmakāya, d'abord associé au dharmadhātu, « élément fondamental », entre dans le domaine de l'absolu ; composé toujours uniquement de choses pures, il est l'élément essentiel, le seul authentiquement vrai, transcendant et inconcevable. Il s'oppose au saṃbhogakāya, « corps de jouissance », forme sous laquelle le Buddha se manifeste aux bodhisattvas, ainsi qu'au nirmāṇakāya.
Jean-Christian COPPIETERS
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