Le 2 novembre 1917, le ministre britannique des Affaires étrangères, lord Arthur James Balfour, adresse à lord Rothschild, président de la Fédération sioniste de Grande-Bretagne, une lettre dans laquelle il promet la création d'un foyer national juif en Palestine. Pour le gouvernement britannique, ce document vise à obtenir rapidement le soutien des banques juives d'Angleterre et des États-Unis dans le contexte de la Première Guerre mondiale qui nécessite une mobilisation croissante de fonds. La déclaration Balfour s'inscrit cependant en contradiction avec les engagements pris auprès des nationalistes arabes qui revendiquent un grand État indépendant (accords Hussein-McMahon en 1915), et surtout avec les accords Sykes-Picot de 1916 qui prévoyaient la mise sous tutelle internationale des possessions ottomanes au Moyen-Orient. Si la Palestine devient officiellement un mandat britannique en 1922, la politique équivoque de la Grande-Bretagne durant la guerre a exacerbé rancœurs et tensions entre Juifs et Arabes, dont les relations au Moyen-Orient se dégradent tout au long de l'entre-deux-guerres.
Olivier COMPAGNON
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