Peintre autrichien, représentant le plus important, à Vienne, de la tendance académique et classicisante, tendance dont on pourrait trouver aussi l'expression en sculpture dans l'œuvre de Georg Raphael Donner. Le souci de clarté est apparent dans toutes les œuvres de Gran : les groupes de personnages, même dans les grandes compositions de plafond comme celle du palais Schwarzenberg à Vienne (1725 env.), sont nettement articulés, bien distincts les uns des autres, installés dans un espace dégagé. Le chef-d'œuvre de Gran est la fresque qui décore la coupole de la Bibliothèque impériale, à Vienne (1726-1730). L'architecture elle-même compte parmi les meilleures réalisations de Fischer von Erlach. De vastes lunettes pénètrent la base de la voûte, construite sur un plan elliptique. Reprenant la formule employée à Breslau par Rottmayr, Gran installe au-dessus de l'échancrure formée par les lunettes une sorte de vaste balcon, encadrant la trouée céleste. Moins chargée de figures que les fresques de Rottmayr, parfaitement accordée dans ses tonalités brunes et dorées à l'atmosphère générale de la bibliothèque, l'œuvre de Gran complète dignement celle de Fischer et s'harmonise avec l'effet de majesté tranquille recherché par l'architecte. L'influence de maîtres comme Troger et, plus tard, Maulbertsch, détourne quelque peu l'école viennoise des voies tracées par Gran. Il a pourtant exercé une action incontestable par l'intermédiaire de Winckelmann qui avait pour lui une grande admiration. Aussi peut-on considérer Gran comme l'un des précurseurs du néo-classicisme, même si des peintres comme Mengs ou, à plus forte raison, Maron ou Unterberger ne sont pas à proprement parler ses disciples.
Georges BRUNEL
Retour en haut



