Journaliste et écrivain italien débutant par des poésies à l'époque des années 1910, où le roman était en Italie un genre discrédité par l'influence de l'esthétique de Croce et par la suite de la crise du naturalisme positiviste, Corrado Alvaro est surtout connu comme narrateur et essayiste. Cet ami de Pirandello, en effet, n'a été que marginalement tenté par le théâtre : La Longue Nuit de Médée (Lunga Notte di Medea, 1941).
Grièvement blessé durant la Grande Guerre, il commence son activité de journaliste dès 1917 et collabore successivement aux plus grands journaux de son pays : Il Resto del Carlino, Il Mondo, vite interdit par le régime fasciste, Il Corriere della Sera et La Stampa. Cela lui permet de recueillir les impressions de ses nombreux voyages en Italie et dans le monde. Sa réflexion porte essentiellement sur les rapports entre la modernité et la tradition. À vrai dire, c'est plus l'Italie de toujours que l'Italie contemporaine qui l'intéresse dans L'Itinéraire italien (Itinerario italiano, 1933). Dans son Voyage en Turquie (Viaggio in Turchia, 1932), il fait l'éloge de la politique de réformes de Mustafa Kemal et minimise les difficultés de l'occidentalisation, pour mieux affirmer que le renouveau national est compatible avec la continuité des traditions populaires. Dans Les Maîtres du déluge : voyage dans la Russie soviétique (I Maestri del diluvio : viaggio nella Russia sovietica, 1938), il s'efforce d'analyser les contraintes subies par la révolution bolchevique dans l'industrialisation forcée et accélérée d'un régime jusqu'alors féodal, tout en condamnant le fétichisme de la technique. Dans la mesure où ce fils d'instituteur d'un village calabrais se réfère toujours à un système de valeurs qui est celui de la civilisation paysanne qui l'a élevé, son effort pour sympathiser avec les peuples le conduit à idéaliser les traditions nationales ou locales, en tout cas ancestrales, sans jamais cependant céder au folklore.
Son premier roman, L'Homme dans le labyrinthe (L'Uomo nel lab […]
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