L'une des figures les plus curieuses de la Révolution, celle d'un étranger fasciné par les événements français de 1789 à 1794. « Si beaucoup de Français partaient, écrit Michelet, beaucoup d'étrangers venaient ; ils s'associaient de cœur à toutes nos agitations, ils venaient épouser la France. Et dussent-ils y mourir, ils l'aimaient mieux que vivre ailleurs ; ici, ils étaient au moins, s'il mouraient, sûrs d'avoir vécu. »
Originaire du duché de Clèves en Rhénanie, fils d'un conseiller secret du roi de Prusse, possesseur d'une grande fortune héritée d'une famille de riches armateurs hollandais, francophile passionné (il écrivit en 1786 Les Vœux d'un gallophile), le baron Jean-Baptiste Cloots, dit Anacharsis Cloots, s'enthousiasme pour la Révolution française et vient se fixer à Paris. « J'étudie, disait-il, le cœur humain dans les bourgs et les faubourgs, à la campagne, à la ville, dans les clubs et les groupes. » Il collabore au Moniteur, au Patriote français, aux Révolutions de France et de Brabant ; il prend la parole dans les clubs et se baptise lui-même « l'orateur du genre humain » ou encore « l'ennemi personnel de Jésus-Christ ». I […]
