Nul n'ignore le nom de Claude Roy, parce qu'il a écrit sur des sujets très différents et que, outre ses chroniques littéraires régulières au Nouvel Observateur, il a touché à tous les genres : roman, poésie, autobiographie, essai littéraire, histoire de l'art, conte pour enfants, etc. Polygraphe parfait, il a plus d'une corde à son arc, mais sa plume reste toujours d'une égale qualité : bien aiguisée, elle frappe avec une justesse et une élégance rares. À l'évidence, il compte parmi les meilleurs écrivains de son temps.
Claude Roy — Claude Orland pour l'état civil — naît à Paris en 1915, dans une famille d'origine charentaise et espagnole. Il suit la filière la plus classique en faisant ses études au lycée Montaigne, puis à celui d'Angoulême, enfin à la Sorbonne. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il se bat en Lorraine, est fait prisonnier, s'évade, reçoit la croix de guerre. En 1942, il adhère au Parti communiste français, puis il est nommé correspondant de guerre avec la Ire armée française et la Ire armée américaine. Au lendemain du conflit mondial, il effectue une série de voyages aux États-Unis, en Chine, en U.R.S.S. et en Afrique du Nord. En 1956, il est exclu définitivement du P.C.F., juste après les événements de Budapest. Depuis, il consacre la majeure partie de son temps à écrire des articles et à rédiger ses livres.
Avant tout, Claude Roy est un poète. Plusieurs beaux recueils en témoignent, où la mort — et tout ce qu'elle suscite et entraîne — règne de vers en vers. Rien d'artificiel ou de faussement travaillé dans ces poèmes : mais une limpidité et une clarté étonnantes, où la musique du mot et l'esthétique de la phrase priment. Pour Pierre Gardais et Jacques Roubaud, qui ont préfacé un recueil de ses textes choisis, Claude Roy appartient à la race des poètes « qui vont chercher au profond de la nuit une goutte d'eau pure, une étincelle de feu central ». Témoins ces deux vers : « Le vent m'empêche de dormir si tu es loin de moi / ton cœur m'empêche de mourir s'il bat tout près du mien » (Ne pas dormir). Ailleurs, […]
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