Après la querelle du Cid (1637) et un silence de trois années, Corneille (1606-1684) composa coup sur coup Horace et Cinna (dont les premières représentations eurent lieu en 1640 ou 1641), deux pièces romaines à fin heureuse. Il ne fit éditer Cinna qu'en 1642, pour éviter qu'elle ne tombe trop vite dans le domaine public, mais dut surseoir à la publication jusqu'au 18 janvier 1643 : il était en effet difficile de publier une œuvre sur la clémence et la conjuration au moment où l'on venait d'exécuter Cinq-Mars, qui avait conspiré contre Richelieu.
Cette pièce est une « tragédie de la conjuration » – genre à la mode et discours sur une réalité politique bien présente en ce temps –, doublée d'une tragédie amoureuse : « Cinna conspire contre Auguste et rend compte de sa conspiration à Émilie, voilà le commencement ; Maxime en fait avertir Auguste, voilà le milieu ; Auguste lui pardonne, voilà la fin. » Tels sont les propres mots de Corneille dans son Discours sur l'utilité du poème dramatique (1660). Deux amants, donc (Émilie et Cinna), conspirent contre celui qui fi […]
