Christian d'Oriola demeure considéré par nombre d'experts comme le meilleur escrimeur de tous les temps. Le palmarès de ce fleurettiste est impressionnant : quatre médailles d'or olympiques (1948, 1952, 1956) – un record pour un sportif français, qu'il partage avec un autre escrimeur, Lucien Gaudin (1924, 1928) –, deux médailles d'argent, huit titres de champion du monde (4 en individuel, 4 par équipes). Au-delà de ce palmarès, c'est le génie, la classe et la maîtrise avec lesquels ce gaucher obtint ses nombreux succès qui lui valent cette reconnaissance. Dans un sport alors fortement marqué par ses origines militaires, ce pétulant Catalan appuya son escrime sur une extraordinaire souplesse de jambes, une détente extraordinaire, un coup d'œil sans égal, qualités auxquelles il ajouta une touche de désinvolture qui déboussola les maîtres d'armes de l'époque. En outre, il fut le seul fleurettiste à s'adapter au fleuret électrique, tout en critiquant ce matériel avec véhémence.
Christian d'Oriola naît le 3 octobre 1928 à Perpignan, dernier d'une famille de trois enfants. Il débute l'escrime à l'âge de neuf ans, dans le sous-sol de la maison familiale où son père avait aménagé […]
