Né en 1944, à Paris, Christian Boltanski se considère comme peintre. Mais un peintre qui se sert très peu d'un pinceau et choisit d'associer à son travail différents modes de production dont la vidéo, le cinéma, la photographie, la fabrication d'objets, ou encore l'installation. Véritable « montreur de marionnettes », il offre à son « regardeur » un ensemble de propositions visuelles sur la quête et la perte de l'identité, le passage du temps, la vie et la mort, ainsi que sur les aléas de la mémoire, jusqu'à évoquer les pires moments de notre histoire.
1. Des espaces de méditation empreints de religiosité
La première apparition de Boltanski dans le monde de l'art parisien a lieu, en 1968, dans un cinéma. Il présente une marionnette et un film : La Vie impossible de Christian Boltanski. Ainsi se met en place l'un des thèmes majeurs de l'œuvre, la quête de l'identité, qu'elle soit authentique ou truquée, et qui fonctionne sur l'ambivalence entre vérité et mensonge. La Vie impossible de Christian Boltanski est également le titre d'un ensemble de vitrines, où sont rassemblés nombre de documents, censés évoquer sa vie (2001, Musée national d'art moderne, Centre Georges-Pompidou, Paris). Quatre ans plus tard, avec Le 6 Septembre, c'est à partir de sa date de naissance que l'artiste choisit de traiter les actualités cinématographiques et télévisées de 1944 à 2004. Le film, aux événements non hiérarchisés, projeté à un rythme accéléré sur trois écrans, laisse au spectateur la possibilité d'arrêter l'image et donc le temps en agissant sur un prompteur, et le questionne insidieusement sur la façon dont il a vécu lui-même tel ou tel événement.
« Être artiste, dit Christian Boltanski, c'est être le miroir des autres. » Ainsi vont naître, dans les années 1970, Inventaire, ces installations d'objets ayant appartenu à telle ou telle personne décédée, et adaptées à chacun des musées européens où la manifestation est présentée. À Paris, avec des Objets ayant appartenu à une femme de Bois-Colom […]
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