4. Les sujets de controverse
• La chasse à la baleine se justifie-t-elle ?
Au-delà des débats propres à la C.B.I., deux visions s'affrontent quant au principe même de la chasse à la baleine. L'argument principal avancé par les pays chasseurs est celui de la sécurité alimentaire. Pour ces derniers, les cétacés représentent une source de protéines comme les autres, strictement comparable aux autres animaux chassés ou pêchés. La sécurité alimentaire serait, selon eux, menacée par l'impact des cétacés sur les ressources marines. Pour le Japon, il existerait une concurrence entre les pêcheries et les prédateurs comme les grandes baleines, que la chasse contribuerait à limiter. Si, outre la volonté de protéger des espèces menacées, les opposants à la chasse font parfois valoir des raisons d'ordre philosophique ou moral pour contester l'idée de tuer des baleines pour leur viande, l'argument de la compétition pour les ressources marines se réfute aisément sur le plan scientifique. En effet, la majorité des espèces de baleines se nourrissent de zooplancton ou de petites espèces de poissons non commercialisées situés à la base de la chaîne alimentaire. Par ailleurs, étant donné la complexité des écosystèmes marins, limiter ou supprimer les cétacés ne garantit en rien une ressource accrue pour les pêcheries. En effet, d'une part, le surplus potentiel sera d'abord utilisé par les autres prédateurs de cette ressource, et, d'autre part, ces derniers pourraient proliférer au détriment de la ressource et, donc, des pêcheries. Ce concept de manipulation des écosystèmes résulte donc d'une simplification extrême de systèmes complexes. Enfin, la chute des populations de baleines par rapport à leurs niveaux de pré-exploitation ne s'est pas traduite par une augmentation des stocks de poissons à l'échelle de l'océan mondial, bien au contraire. C'est en fait la surpêche qui menace les ressources marines, bien plus que les prédateurs (comme les cétacés) qui sont indispensables à l'équilibre des écosystèmes marins.
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