Mort dans l'oubli, dans sa ville natale de Grasse, le 16 janvier 1880, le photographe français Charles Nègre a été redécouvert en 1936, à la faveur des grandes expositions photographiques à caractère rétrospectif, organisées à Paris et à New York. En 1963, une première monographie, entreprise par le collectionneur André Jammes, lui fut consacrée. Depuis cette date, les expositions se sont multipliées — paradoxalement, à l'étranger —, la plus importante d'entre elles étant celle de la National Gallery of Canada, à Ottawa, en 1976, qui présentait l'acquisition d'une centaine d'épreuves de l'artiste. En France, l'œuvre de Charles Nègre fut enfin révélée au grand public lors de l'année du Patrimoine, en 1980, à l'occasion d'une grande exposition commémorant le centenaire de sa mort. Françoise Heilbrun et Philippe Néagu sont les auteurs d'un remarquable catalogue, somme de recherches et d'analyses exhaustives.
Charles Nègre fait partie de cette génération, née autour de 1820, tels ses amis Henri Le Secq, Gustave Le Gray, Édouard-Denis Baldus, qui, à défaut d'être reconnus comme de grands peintres, trouvèrent avec l'avènement de la photographie un nouveau moyen d'expression. Rom […]
