Cousin issu de germain de Nicéphore Niépce (1765-1833), l'inventeur de l'héliographie nommée par la suite photographie, Abel Niepce de Saint-Victor (1805-1870) propose en 1853 une technique d'impression sur papier des images photographiques. Par une lettre datée du 23 mai, il indique comment, après avoir repris les recherches de Nicéphore Niépce sur les propriétés du bitume de Judée soumis à l'action de la lumière, il prépare une plaque d'acier recouverte d'une fine couche de vernis composé d'une solution de bitume dans un mélange de benzine et d'essence de citron. Exposé au soleil à travers un positif transparent, ce vernis devient insoluble dans la benzine. Après dépouillement, c'est-à-dire nettoyage à la benzine, on obtient sur la plaque une reproduction de l'original dont les parties claires sont occupées par le vernis non dissous et les ombres par l'acier nu. L'attaque, par un bain acide, creuse ces zones non protégées par le vernis et destinées à recevoir l'encre de l'impression finale. Ce procédé de gravure héliographique permettra l'édition en 1854 du livre Photographie zoologique, de Louis Rousseau et Achille Devéria, imprimé par Riffaut. Niepce de Saint-Victor lui donnera en 1855 le nom d'héliogravure.
Hervé LE GOFF
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