Carl David Anderson naquit à New York de parents suédois le 3 septembre 1905. Après des études au California Institute of Technology de Pasadena (Calif.), il y fit toute sa carrière, jusqu'à sa retraite en 1978. Dans sa thèse de doctorat soutenue en 1930, sous la direction de Robert Millikan – célèbre pour la mesure de la constante de Planck et la détermination de la valeur de la charge de l'électron –, il étudia la distribution des directions de vol et des énergies des électrons émis par les rayons X traversant une chambre à brouillard. Il eut l'idée, à cette occasion, de remplacer la vapeur d'eau qui sature cette chambre par un mélange eau-alcool plus sensible au passage de particules peu ionisantes.
Après sa thèse, mais toujours sous la direction de Millikan qui se passionnait pour l'étude des rayons cosmiques découverts quelque vingt ans plus tôt par l'Autrichien Victor Franz Hess, il construisit une grande chambre à brouillard qu'il plaça à l'intérieur d'un puissant électroaimant capable d'induire un champ magnétique dix fois plus élevé que ceux qui étaient alors utilisés. Les difficultés financières liées à la grande crise économique des années 1930 furent contournées grâce au prêt d'un générateur continu de 600 kilowatts par un laboratoire d'aéronautique voisin. C'est avec cet appareillage qu'il réussit le 2 août 1932 à photographier la trace d'un antiélectron – appelé aussi positon – issu de quelque violent processus cosmique. Il est à noter qu'Anderson n'était pas au courant des travaux du théoricien britannique Paul Dirac qui, un an auparavant, avait prédit pour des nécessités de cohérence mathématique qu'une théorie quantique et relativiste devait associer à toute particule telle que l'électron un alter ego de charge opposée. La vérification expérimentale de l'existence de l'antimatière apparaissait donc comme l'impressionnante confirmation de l'édifice quantique et relativiste bâti dans les premières décennies du xxe siècle. C'est pour cette découverte qu'Anderson reçut […]
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