D'origine suisse, les frères Bühler sont des « jardiniers-paysagistes ». Ils figurent parmi les principaux protagonistes de la dernière époque du style irrégulier des jardins en France, aux côtés d'Alphand et de Barillet-Deschamps, maîtres-d'œuvre de la nouvelle politique des « espaces verts » décidée par Napoléon III et Haussmann, ou encore du théoricien Édouard André. Le manque de réflexions historiques dans ce domaine et la disparition ou la transformation de ces créations éminemment fragiles nous font traditionnellement englober sous les qualificatifs de « paysager », voire « à l'anglaise », tout le développement de l'art des jardins en France, depuis le milieu du xviiie siècle jusqu'à la fin du xixe. Or on peut y distinguer au moins quatre époques. Une première période qui va de 1760 à la Révolution où le « pittoresque » domine ; un deuxième moment « romantique » sous l'Empire et au début de la Restauration où l'on se débarrasse de la dominante architecturale (multiplication des fabriques) pour se ressourcer auprès des grands modèles d'outre-Manche ; un épisode d'abâtardissement formel jusqu'au milieu du xixe siècl […]
