C'est sous la Révolution française, semble-t-il, que germe l'idée des Bourses du travail : il s'agissait de créer des organismes où seraient concentrées les offres et les demandes de main-d'œuvre. Mais elle ne se réalise que vers la fin du xixe siècle, en 1886, lorsque le Conseil municipal de Paris adopte un projet de créations (rapport Mesureur) : en 1892, un immeuble est remis aux délégués des chambres syndicales ouvrières de Paris. À la même époque, onze Bourses du travail se fédèrent lors du Congrès de Saint-Étienne. Dirigée à l'origine par les possibilistes, la fédération devient très rapidement le fief des anarchistes, qui contrebalancent ainsi le quasi-monopole que les guesdistes détiennent à la fédération des syndicats.
Sous l'impulsion de Fernand Pelloutier, les Bourses jouent un rôle très important dans l'organisation de la classe ouvrière française. Elles cherchent à mettre à la disposition des travailleurs un réseau de services (en particulier dans le domaine de la mutualité) qui leur permettent de se soustraire à l'emprise des employeurs et à celle de l'État. Elles tendent ainsi « à monopoliser tout service relatif à l'amélioration du sort […]
