Né dans une famille de journaliers, Benoît Malon, dès l'âge de sept ans, travaille aux champs. Autodidacte, il monte à Paris en 1863 et se fait embaucher dans une teinturerie de Puteaux ; il y anime en 1866 la grande grève des ouvriers teinturiers. Adhérent à l'Internationale dès la création de la section parisienne, il est aussi un partisan de la coopération : la coopérative ouvrière de production et de consommation lui apparaît comme l'arme privilégiée d'émancipation du prolétariat. Lorsque, à la même époque, se crée une « Société civile d'épargne, de crédit mutuel et de solidarité des ouvriers de fabrique de Puteaux, Suresnes et pays environnants », Malon en est l'âme. La Société se transforme en 1867 en une société de coopération, La Revendication de Puteaux, Suresnes, Clichy et Courbevoie, et Malon est élu vice-président. Propagandiste inlassable, il est un des artisans de l'extension des sections de l'Internationale en France ; il est délégué au Ier congrès de l'Internationale à Genève, puis à Bâle. À cette époque il semble assez proche de Bakounine. Les procès que l'Empire déclinant intente à l'Internationale entraînent pour Malon amendes et emprisonnements. Le […]
