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BAKI MAHMUD 'ABD UL-BAKI dit (1526-1600)

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2.  Le poète du sultan

Encouragé par le poète Zātī (1471-1546) et très apprécié de ses professeurs pour son intelligence et son talent poétique, Bāḳī, que tous ses biographes décrivent comme fort ambitieux, réussit à obtenir la protection du fonctionnaire le plus élevé de la hiérarchie islamique ottomane, le cheikh ul-Islam Ebussou'oud Efendi (né en 1491 et qui occupa cette très haute fonction de 1548 à sa mort en 1575). Plus tard, celui-ci le présenta à Ali pacha, dit « Sèmiz », « le Gras » (mort en 1565), alors grand vizir (depuis 1561), dont il devint un des familiers. À son tour, Ali pacha le présenta au sultan Soliman le Magnifique (1494-1566, régnant depuis 1520), qui fit de lui son compagnon et son poète favori, le nommant müderris (professeur de haut rang) à la mosquée de Mourad pacha.

C'est la période la plus brillante de la vie de Bāḳī, à qui le souverain, poète lui-même, commandait des répliques, sur le même sujet et dans le même mètre, de ses propres compositions. L'étudiant besogneux était devenu poète du sultan et surnommé « sultan des poètes ». Il traitait avec une virtuosité jamais atteinte les thèmes classiques de la poésie de cour : l'amour de Dieu, du Prophète... et des éphèbes ; l'ivresse mystique... et celle du vin. Dans ce genre éminemment ambigu, il était, plus que jamais, un maître de l'équivoque, admiré de tous pour ses vers à double, triple ou quadruple sens, sur l'intention profonde desquels on discute encore aujourd'hui – bien en vain, selon nous.

Mais un événement historique, qui le frappa dans son affection et dans sa carrière, vint enfin lui apporter un sujet d'une incontestable authenticité et l'occasion dramatique d'un chef-d'œuvre qui est un des sommets de la littérature ottomane : la mort, en 1566, après un règne glorieux de quarante-six années, du sultan Soliman (« le Législateur » pour les Turcs, « le Magnifique » pour l'Occident). Bāḳī composa son élégie funèbre (mersiye), poème d'une harmonie majestueuse et d'une tristesse sincère, bien que d'un style orné, souvent précieux, qui déroute le lecteur moderne.

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TURQUIE

Écrit par :  Michel BOZDÉMIRGuzine DINOAli KAZANCIGILRobert MANTRANJean-François PÉROUSE

Dans le chapitre "L'influence persane"  : …  siècle impose sa langue et son esthétique élaborée grâce à des poètes prestigieux. C'est ainsi que *Bakî (1526-1600), honoré du titre de Sultan des poètes, étendit sa renommée au-delà des frontières de l'Empire alors à son apogée. L'orgueilleuse poésie de Bakî est travaillée telle une pièce d'orfèvrerie impériale. Sa langue fortement greffée de… Lire la suite

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