2. Facteurs nivo-météorologiques et topographiques de déclenchement des avalanches
Le départ d'une avalanche et le type auquel elle appartient sont expliqués par des facteurs nivo-météorologiques et topographiques complexes.
Les facteurs météorologiques les plus importants sont, dans l'ordre, la précipitation abondante, le vent violent et, au printemps, tout ce qui contribue à un réchauffement du manteau neigeux. Les facteurs topographiques dominants sont la pente moyenne et les accidents du relief de la zone de départ (barres rocheuses, formes concaves ou accroissement brutal de la pente par exemple), et l'état du sol (végétation, rochers lisses ou pierrier).
Chaque avalanche est provoquée par une combinaison de ces facteurs. L'ensemble des conditions qu'elle va rencontrer lors de son trajet détermine sa dynamique. Dans l'état actuel de nos connaissances, on ne sait pas prédire avec précision la forme d'une avalanche en fonction d'un ensemble de données météorologiques et topographiques, mais on peut indiquer quelques scénarios typiques.
• Premier scénario : forte chute de neige, température basse
Une forte chute de neige avec une température de l'air fortement négative est à l'origine de la plupart des avalanches poudreuses. C'est à ce cas que correspond la règle suisse des 30-60-90 cm, seuils de danger respectifs pour l'alpinisme, les routes et les habitations. Ce danger persiste quelques jours après la fin de la chute, et ce d'autant plus longtemps que la température est plus basse (de 3 à 10 jours).
Le départ et la propagation de ces avalanches s'expliquent assez aisément à partir d'un modèle de matériau sans cohésion (exemple : le sable sec). La pente de la zone de départ joue un rôle important dans l'ampleur du phénomène, car elle détermine quelle hauteur de neige récente va pouvoir être accumulée avant l'apparition de l'instabilité. Lorsque cette pente est de l'ordre de 60 p. 100 (300), on est à la limite de l'angle de frottement du matériau et il peut y avoir accumulation d'une énorme quantité de neige avant le départ naturel d'une avalanche. Ce type est très rare, mais son ampleur est alors considérable. À l'inverse, à partir de pentes de l'ordre de 100 p. 100 (450), la neige ne peut s'accumuler qu'en petite quantité et on aura des avalanches denses qui s'arrêteront rapidement.
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