L'araire est un instrument de culture attelé léger qui complète les outils manuels (houe, bêche). Associé à un animal (bœuf, âne...), il permet la conquête de nouveaux espaces cultivés ainsi qu'une intensification de l'exploitation agricole. Dans sa forme la plus élémentaire, l'araire est composé d'une simple fourche en bois dont l'une des branches sert de perche d'attelage et l'autre, taillée en pointe, ouvre le sol. Dans les modèles plus élaborés, la partie active peut être en bois (durcie au feu), ou armée d'une lame en silex ou en fer. Contrairement à la charrue, l'araire égratigne le sol sans le retourner. Son passage répété permet de lutter contre les mauvaises herbes en déchaussant leurs racines, de préparer le sol avant les semailles – en l'aérant et en l'ameublissant – et de recouvrir les graines après les semis. Les traces de sillons fossiles les plus anciennes, attestant l'usage de l'araire, ont été repérées dans le Khuzistan, en basse Mésopotamie, et sont datées vers 5000 à 4500 avant J.-C. C'est au cours du IVe millénaire que l'usage de l'araire semble s'étendre au Proche-Orient, avant de gagner le pourtour méditerranéen et l'Europe où sa présence est attestée dès le début du IIIe millénaire par des traces de labours préhistoriques, fossilisées sous des tombes et datées, pour les plus anciennes (Danemark), aux alentours de 3000 avant J.-C.
Rose-Marie ARBOGAST
Retour en haut



