Dans Choses vues, Victor Hugo décrivit en mars 1849, le suicide à Paris du sculpteur Antonin Moine : « ...Le coup de pistolet avait emporté presque toute la tête. Le sang ruisselait sur le carreau ; il y avait de la cervelle sur les murs et sur les meubles. C'est ainsi que mourut, marqué par la fatalité, comme Jean Goujon son maître, Antonin Moine, nom qui désormais rappellera deux souvenirs, une mort horrible, un talent charmant. » Malgré Victor Hugo, les œuvres et le souvenir d'un des noms les plus importants de la sculpture romantique, dont la carrière se déroula sous le règne de Louis-Philippe, disparurent des mémoires. Grâce à plusieurs expositions dont la pionnière fut La Sculpture française au XIXe siècle au Grand Palais en 1986, il apparaît clairement que Antoine-Louis Barye, François Rude et David d'Angers ne furent pas les seuls acteurs et que d'autres artistes comme Antonin Moine et Auguste Préault furent déterminants dans les débuts et tout au long du mouvement romantique en sculpture.
Né en 1796 à Saint-Étienne, Antonin Moine vint à Paris où il fut l'élève de Girodet et de Gros. Il peignit des sujets mythologiques et des paysages m […]
