Ayant fait d'excellentes études, Furetière, fils d'un clerc d'avoué, entreprit d'abord une carrière d'homme de loi, mais il abandonna bientôt sa charge pour entrer dans les ordres et obtenir des bénéfices qui lui permirent de donner libre cours à sa vocation littéraire. Après trois livres de vers comiques et satiriques, où il se montrait un adversaire résolu de la préciosité, Furetière publia la Nouvelle allégorique ou Histoire des derniers troubles arrivés au royaume d'Éloquence (1658), présentation humoristique du monde des lettres parisien de l'époque ; sa défense des membres de l'Académie lui valut d'être reçu par la Compagnie en 1662. Il ne tarda pas, cependant, à déchaîner la colère de l'Académie par la publication du Roman bourgeois (1666) ; il y dépeint, de manière réaliste, non plus d'héroïques personnages ou de picaresques vagabonds, mais le peuple de Paris. Ce n'est pas tant l'absence de construction — une série de scènes présentées comme un « documentaire » impartial — que le sujet lui-même, jugé indigne d'un académicien, qui scandalisa ses collègues. Il s'attira une réprobation plus grande encore lorsque, à la fin de 1684, il manifesta son intentio […]
