« Ne l'appelez plus roman, et il ne vous choquera point, en qualité de récit d'aventures particulières » (Avertissement de la seconde partie du Roman bourgeois). Antoine Furetière (1619-1688), bon artisan des lettres, académicien depuis 1662 et fameux pour sa virtuosité burlesque, entend bien rompre avec les romans comme L'Astrée pour produire un nouveau fabuleux, fait cette fois d'éléments mêlés, voire disjoints. Son Roman bourgeois, ouvrage comique, qu'il publie en 1666 et qui sera un échec de librairie, semble ainsi poursuivre la veine burlesque de Paul Scarron et de Charles Sorel, puisqu'il s'agit de faire rire à propos de ridicules en abaissant les personnages et les situations. Mais dans le texte de cet artisan qui se présente en véritable « auteur », propriétaire de son ouvrage à bien des titres, on trouve aussi la revendication que le nouveau roman peut être fondé non plus sur la parodie, mais sur l'observation précise des comportements particuliers : « Je vous raconterai sincèrement et avec fidélité plusieurs historiettes ou galanteries arrivées entre des personnes qui ne seront ni héros ni héroïnes, qui ne dresseront point d'armées, ni ne ren […]
