Wajda est né à Suwałski. En 1942, il prend part à la Résistance, dans l'organisation dirigée par le gouvernement provisoire de Londres. Il poursuit ses études à la Libération et sort, en 1952, de l'école de cinéma de Łódź. Il réalise en 1954 son premier long-métrage, Une fille a parlé ; si ce film est déjà remarqué par la critique pour la violence et la beauté de ses images, qui évoquent Buñuel (Wajda le reconnaît explicitement comme un de ses maîtres), c'est en 1957, avec Canal, qu'il conquiert vraiment une audience internationale.
Son œuvre, depuis lors, s'est poursuivie jusqu'à la consécration actuelle. Il y a, chez lui, une volonté farouche de rester enraciné dans sa terre, dans sa patrie. De fait, ses meilleurs films sont ceux qui traitent la réalité concrète de l'histoire de la Pologne. Non que certains films réalisés pour la télévision, comme Le Bois de bouleaux, drame très tchékhovien (1970), ou La Ligne d'ombre, tourné hors de Pologne, d'après Conrad (1975), soient indifférents. Mais l'œuvre de Wajda, c'est avant tout la Pologne : d'abord, l'histoire de la prise de conscience d'un jeune ouvrier, qui découvre à la fois l'amour, la Résistance, le communisme, le patriotisme (Une fille a parlé) ; puis, successivement, la tragique odyssée de la révolte de Varsovie (l'armée soviétique, par sa passivité, laissa alors la Wehrmacht écraser la révolte) dans Canal ; les conflits, après la chute du nazisme, entre le nouveau régime communiste et ce qui restait de guérilleros désespérés, les résistants naguère commandés de Londres, aussi anticommunistes qu'antinazis, prêts à tous les sabotages, tous les attentats (Cendres et Diamants, 1958) ; la guerre antiallemande de 1939, absurde et magnifique, avec ses charges à cheval (Lotna, 1959).
Il faut ici ouvrir une parenthèse : la vie polonaise fut alors marquée, sur le plan culturel, par la présence d'un acteur étonnant, qui eut la même aura que Gérard Philipe en France : Zbigniew Cybulski. Inoubliable au théâtre comme au cinéma, Cybulski composa notamment, dans Cendres et […]
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