2. Une référence de la bande dessinée
En effet, jusqu'à la fin de sa vie (il mourra à Saint-Laurent-du-Var des suites d'un infarctus, le 5 janvier 1997), André Franquin aura porté un regard sans complaisance tant sur le monde que sur lui-même. En dépit d'un très grand succès populaire (l'album Gaffe à Lagaffe ! s'est vendu à 650 000 exemplaires durant les quatre semaines qui s'écoulèrent entre sa parution et le décès de l'auteur) et de l'estime de l'ensemble de la profession (« c'est un grand artiste, à côté duquel je ne suis qu'un piètre dessinateur », avait dit Hergé), André Franquin ne connut jamais la sérénité. À plusieurs reprises, sa carrière fut interrompue par des dépressions nerveuses. Comme beaucoup d'humoristes, il était profondément pessimiste. Dans un entretien accordé en 1993 à Alain Fourment pour le journal Le Monde, il avait déclaré : « Avec l'âge, et malgré des moments de bonheur, je suis convaincu que l'homme ne sera jamais civilisé. Il se détruira. Mais il ne faut pas trop le dire, il ne faut pas gâcher la vie des gens. »
Le graphisme d'André Franquin a été beaucoup imité, en premier lieu par ceux qui ont poursuivi ses séries (le premier fut Dino Attanasio, continuateur de Modeste et Pompon dès 1959). En 1968, les aventures de Spirou et Fantasio furent confiées à Jean-Claude Fournier, à qui succédèrent de nombreux auteurs, mais cette survie a toujours paru quelque peu artificielle. Le Marsupilami, absent de tous ces épisodes (Franquin, et non les éditions Dupuis, étant propriétaire du personnage), a fait l'objet, sous le parrainage de son créateur, d'une série indépendante, lancée en 1987 par le dessinateur Batem. Quant à Spirou, il a inspiré Le Petit Spirou, conçu en 1983 par le scénariste Tome et le dessinateur Janry : une descendance étrange puisqu'il s'agit d'un enfant facétieux, porté sur la gaudriole, et dont le seul point commun avec son aîné est de porter un uniforme de groom.
André Franquin, qui était si enclin à la modestie et à l'autodénigrement, est devenu l' […]
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