Le peintre André Fougeron trouve sa place dans l'histoire de l'art de l'immédiat après-guerre, précisément dans la chronique des années 1947-1953, lorsque le Parti communiste tente d'imposer un art social, au service de la classe ouvrière et de ses luttes, un art de propagande directement lié aux événements de la politique intérieure française : le « réalisme socialiste ». Il en sera la figure officielle pendant cette brève période avant que son œuvre ne soit peu à peu oubliée.
Issu d'une famille ouvrière originaire de la Creuse, André Fougeron est né à Paris. Il travaille, après l'obtention de son certificat d'études, comme apprenti dessinateur puis gagne sa vie comme métallurgiste. Ses premiers travaux sont déjà l'occasion d'œuvres engagées, au moment de la guerre civile espagnole (Mort et faim, Espagne, 1937) puis lors de la résistance au nazisme (À mort la bête, 1944). C'est dans le droit fil des débats portant, au cours des années 1930, sur les moyens de rendre l'art au peuple que s'inscrit son texte « Le Peintre à son créneau », que l'on peut aujourd'hui considérer comme un véritable manifeste de l'art engagé. Il est d'ailleurs précédé par la présen […]
