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AGRICOLA ALEXANDRE (1446 env.-1506)

Né vraisemblablement en Flandre, peut-être en Allemagne, Alexandre Agricola (ou Ackermann) est en Italie, à Florence, en 1470, date de son mariage. Il est au service du duc Galéas-Marie Sforza de Milan, de 1471 à 1474, date à laquelle on le rencontre à Mantoue, ayant cédé sa place à Milan à Loyset Compère. En 1476, il est à Cambrai dans le groupe des petits vicaires (chantres). Il est de nouveau en Italie, à Florence, en 1491, chez Laurent de Médicis, ville qu'il quitte après la mort de celui-ci (1492). Il est possible qu'il ait été au service du roi de France Charles VIII. En 1500, en tout cas, il est chapelain de Philippe le Beau à la cour de Bourgogne ; il suit ce dernier en Espagne en 1501 et en 1506 ; au cours de ce second voyage, il meurt de la peste à Valladolid. Il est significatif qu'on ne décèle pas chez lui d'influence italienne ; il est resté fidèle à la tradition franco-flamande du Nord. Dans sa musique sacrée (dont huit messes à quatre voix et une à trois, dont plusieurs sur un ténor profane, par exemple Malheur me bat ; vingt-cinq motets à trois et quatre voix, qui parfois utilisent la technique de l'imitation), il demeure proche de Josquin. C'est dans ses chansons polyphoniques sur des textes français, italiens et flamands qu'il cultive avec le plus de bonheur l'écriture de son temps, à l'instar de Josquin, de Pierre de La Rue, de Heinrich Isaac, de Johannes Ghiselin (Verbonnet) ou de Loyset Compère ; il en publia quatre-vingt-deux, la plupart à trois voix (68) comme de coutume, mais il traite les trois voix à égalité (on sait que le contraténor était auparavant une simple basse sans caractère mélodique précis), parfois même il ajoute une quatrième partie (10) ; il a même écrit une chanson à six voix. C'est l'énergie de son rythme qui pourrait le caractériser ; toutefois, sa polyphonie est parfois un peu lourde. Ses œuvres furent très souvent transcrites pour luth.

Pierre-Paul LACAS

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« AGRICOLA ALEXANDRE (1446 env.-1506) » est également traité dans :

ORNEMENT, musique

Écrit par :  Joël DUGOTAntoine GARRIGUES

Dans le chapitre "Les ornements improvisés"  : …  aussi, sont interprétées très librement, et si l'on compare différentes versions d'une même pièce d'*Alexander Agricola (env. 1446-1506) ou de Binchois (env. 1400-1460), on en déduit que les mélodies étaient vraiment « interprétées », car sur un même canevas apparaissent les variations les plus spontanées, ce qui laisse entendre que chaque chanteur… Lire la suite

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