Un des musiciens français qui portèrent à son apogée la chanson polyphonique ; Loyset Compère est à situer près de Josquin Des Prés, de Pierre de La Rue, d'Alexandre Agricola, de Henrich Isaac ; il est associé à Josquin, à Brumel et à Pirchon, les trois autres grands musiciens qui furent invités à pleurer la disparition d'Ockeghem (Déploration sur le trépas de Jean Ockeghem). Né à Saint-Quentin, Compère y reçut sa formation musicale. On le rencontre en 1474 à Milan comme chantre de la chapelle de Galeazzo Maria Sforza, en compagnie de Josquin, d'Agricola, de Joannes Martini (musicien français né à Armentières), de Gaspard van Weerbecke. Charles VIII, en 1486, le nomme « chantre ordinaire » de la musique du roi. Par la suite, il exerce aussi à Cambrai (1498) et à Douai (1500). Il était prêtre et, à la fin de sa vie, il fut chanoine de la collégiale de Saint-Quentin, où il mourut.
Une de ses premières œuvres qui figure dans un manuscrit de 1470 est le motet Omnium bonorum plena, sur un thème de Hayne van Ghizegham, la chanson De tous biens pleine ; il y cite G. Dufay, qu'il semble tenir pour son maître. Ses motets furent imprimés de 1502 à 1541 ; avec les deux messes à quatre voix, ils forment l'essentiel de sa production en musique religieuse, où Compère manifeste des sentiments de grâce et de tendresse pleins de spontanéité ; il laisse parler son besoin de contemplation et de lyrisme affectueux. Par-delà les différences de style, on a pu le comparer à Schubert (R. Bernard). Dans la messe sur L'Homme armé, il présente le thème presque dans tous les modes possibles ; dans la messe Allez regretz, composée sur une chanson de Hayne, ainsi que dans le motet Crux triumphans, il a mis certainement le meilleur de lui-même pour exprimer la foi chrétienne à laquelle il adhérait ; dans cette dernière œuvre, le Crucifige atteint aux sommets de l'art musical. En revanche, dans ses compositions profanes, c'est un tout autre visage que nous révèle Loyset Compère ; plein de fantaisie, son art est parodique à la manière […]
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