Chef de l'État pakistanais de mars 1969 à décembre 1971.
Né à Chakwal, près de Peshawar, dans le nord-ouest du Pakistan, le général Yahya Khan était un Pathan, appartenant au peuple martial qui a fourni des légions de soldats d'abord à l'armée des Indes, ensuite à celle du Pakistan. Il était issu d'une famille aisée ; son père était officier de police et il fit ses études à Lahore avant de suivre les cours de l'académie militaire de Dehra Dun. Il servit en tant qu'officier dans les rangs de l'armée royale britannique sur plusieurs théâtres d'opérations. Après la séparation de l'Inde et du Pakistan en 1947, il devint responsable de l'instruction dans l'armée pakistanaise, commanda divers bataillons et fut le plus jeune officier à accéder à l'état-major. Proche du maréchal Ayoub Khan (1958-1969), il se vit attribuer le commandement militaire au Pakistan oriental et au Cachemire pendant la guerre de 1965 avec l'Inde, ainsi que des missions à caractère diplomatique (voyages à Moscou et à Pékin) ou civil (supervision du plan d'aménagement de la nouvelle capitale, Islamabad). En 1966, il fut nommé général en chef des forces armées, et, en 1969, il devint chef de l'État. Le mouvement autonomiste de la ligue Awami (« du peuple ») qui défendait les particularismes culturels et linguistiques des Bengali au Pakistan oriental avait alors le vent en poupe ; il était dirigé par une personnalité charismatique, Mujibur Rahman. En novembre 1970, un cyclone fit des centaines de milliers de victimes au Pakistan oriental ; l'armée se révéla incapable de porter secours aux sinistrés. Cette défaillance attisa l'antagonisme entre les deux ailes du pays. Le général Yahya Khan survola bien les régions endommagées, mais il ne prit pas conscience de la dimension de la catastrophe... ni de l'ampleur du vent qui se levait. « Le peuple du Bengale devra, si nécessaire, faire le sacrifice d'un autre million de vies humaines s'il veut être un peuple libre et maître de son destin », lança de façon prémonitoire Muj […]
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