Fils d'un fonctionnaire de l'administration coloniale, Ferhat Abbas reçoit une éducation française puis devient pharmacien à Sétif. Élu au conseil municipal de cette ville, il l'est ensuite au conseil général de Constantine. Il est alors partisan de l'assimilation de « l'élément indigène dans la société française ». Mais l'opposition des représentants des Européens d'Algérie à toute remise en cause du statu quo, et l'immobilisme des gouvernements de la IIIe République lui font abandonner cette voie. Après avoir créé, en 1938, l'Union populaire algérienne, qui préconisait encore l'égalité des droits des Algériens et des Français dans le cadre constitutionnel français, il publie le 10 février 1943 le Manifeste du peuple algérien, dans lequel il demande l'application du principe d'autodétermination et réclame la constitution d'un État algérien autonome. En mai, Abbas précise cette option dans un Addendum au Manifeste où il émet l'idée de la souveraineté de la nation algérienne. L'administration ayant répondu par l'adoption d'une politique assimilationniste, les nationalistes forment, à l'initiative d'Abbas, les Amis du Manifeste et de la libert […]
