Fils d'un fonctionnaire de l'administration coloniale, Ferhat Abbas reçoit une éducation française puis devient pharmacien à Sétif. Élu au conseil municipal de cette ville, il l'est ensuite au conseil général de Constantine. Il est alors partisan de l'assimilation de « l'élément indigène dans la société française ». Mais l'opposition des représentants des Européens d'Algérie à toute remise en cause du statu quo, et l'immobilisme des gouvernements de la IIIe République lui font abandonner cette voie. Après avoir créé, en 1938, l'Union populaire algérienne, qui préconisait encore l'égalité des droits des Algériens et des Français dans le cadre constitutionnel français, il publie le 10 février 1943 le Manifeste du peuple algérien, dans lequel il demande l'application du principe d'autodétermination et réclame la constitution d'un État algérien autonome. En mai, Abbas précise cette option dans un Addendum au Manifeste où il émet l'idée de la souveraineté de la nation algérienne. L'administration ayant répondu par l'adoption d'une politique assimilationniste, les nationalistes forment, à l'initiative d'Abbas, les Amis du Manifeste et de la liberté (A.M.L.).
Mais après les émeutes de Sétif et de Constantine, l'A.M.L. est dissoute et Abbas condamné à un an d'emprisonnement. L'année suivante, il regroupe, au sein de l'Union démocratique du Manifeste algérien (U.D.M.A.), les notables nationalistes modérés, qui maintiennent le principe d'une collaboration avec la France, en vue d'aboutir à la création d'un État algérien. Mais le déclenchement de l'insurrection en novembre 1954 modifie profondément la situation. Après avoir hésité, il décide, en avril 1956, de rejoindre le Front de libération nationale (F.L.N.).
Le ralliement d'Abbas, représentant des élites bourgeoises traditionnellement liées à la France, est un succès politique important pour le F.L.N.
En septembre 1958, ce dernier le nomme à la présidence du gouvernement provisoire de la République algérienne. Il démissionne en 1961, mais est élu au lendemain de l'Indépendance président de l'Assemblée constituante algérienne. Malgré son alliance avec Ben Bella et le groupe de Tlemcen, il reste un partisan des institutions parlementaires. Ainsi, pour protester contre le fait que la Constitution algérienne a été élaborée par le F.L.N. en dehors de l'Assemblée constituante, il abandonne la présidence de cet organisme en août 1963. Exclu du F.L.N., il est mis en résidence surveillée en 1964, puis libéré l'année suivante.
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