9-28 février 1996Royaume-Uni – Irlande. Relance du processus de paix après la rupture du cessez-le-feu par l'I.R.A.

 

Le 9, une bombe explose dans le sous-sol d'un immeuble du quartier d'affaires de Canary Wharf, à Londres, faisant deux morts. L'I.R.A. avait annoncé, dans un communiqué publié une heure avant, la fin du cessez-le-feu unilatéral décrété en août 1994. Gerry Adams, chef du Sinn Fein, branche politique de l'I.R.A., se contente d'exprimer sa « tristesse ». Les gouvernements de Londres et de Dublin décident de suspendre leurs contacts au niveau ministériel avec le Sinn Fein tant que la trêve ne sera pas rétablie. Le processus de paix s'était enlisé encore un peu plus depuis la publication, en janvier, du rapport de la commission installée en décembre 1995 et présidée par le sénateur américain George Mitchell, qui était chargée de résoudre le problème posé par le refus de l'I.R.A. de désarmer ses combattants avant le début des négociations. La commission préconisait principalement l'organisation de pourparlers préparatoires, parallèlement au désarmement par étapes des milices. Le Premier ministre britannique John Major avait choisi de ne retenir du rapport de la commission Mitchell que la proposition annexe relative à l'élection d'une assemblée régionale chargée de préparer les négociations, à laquelle les nationalistes comme le gouvernement irlandais sont hostiles. Seuls les unionistes, dont les voix assurent à John Major une majorité aux Communes, y sont favorables.

Le 12, John Major réitère sa proposition d'élections, précisant que l'assemblée en question serait élue « pour une courte durée et pour un but principal : conduire directement à des négociations entre tous les partis ».

Le 15, la police désamorce une bombe portant la marque de l'I.R.A., placée dans une cabine téléphonique dans le centre de Londres.

Le 18, l'explosion d'une bombe à bord d'un autobus, dans le centre de la capitale, fait un mort. L'enquête établit que l'engin a explosé prématurément, tuant celui qui le transportait.

Le 25, des dizaines de milliers de personnes manifestent dans toute l'Irlande, au Nord comme au Sud, en faveur du retour de la paix.

Le 28, John Major et son homologue irlandais John Bruton annoncent la conclusion d'un compromis sur la relance du processus de paix. Le Premier ministre britannique accepte le principe, défendu par Dublin et les nationalistes modérés, d'une date butoir, fixée au 10 juin, pour le début des négociations entre toutes les parties. Il obtient gain de cause, en retour, sur l'élection préalable d'un organe qui déléguera des représentants aux négociations, comme le souhaitent les unionistes. Pour participer au processus de paix, le Sinn Fein doit obtenir de l'I.R.A. le rétablissement du cessez-le-feu.

—  Universalis



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«  9-28 février 1996 - Royaume-Uni – Irlande. Relance du processus de paix après la rupture du cessez-le-feu par l'I.R.A. », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 27 mars 2020. URL : http://www.universalis.fr/evenement/9-28-fevrier-1996-royaume-uni-irlande-relance-du-processus-de-paix-apres-la-rupture-du-cessez-le-feu-par-l-i-r-a/