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1er-29 juillet 2010

France. Ouverture d'enquêtes préliminaires dans l'affaire Woerth-Bettencourt

Le 1er, le tribunal correctionnel de Nanterre renvoie le procès de François-Marie Banier, qui devait s'ouvrir ce même jour, et ordonne un complément d'information. Le photographe est accusé par Françoise Meyers-Bettencourt, la fille de Liliane Bettencourt, héritière du groupe de cosmétiques L'Oréal, d'avoir extorqué plusieurs centaines de millions d'euros à sa mère. Le volet fiscal de l'affaire avait mis en lumière, en juin, l'implication du ministre du Travail Éric Woerth, ancien ministre du Budget et trésorier de l'U.M.P., dont l'épouse travaillait pour le compte d'une société chargée de gérer les actifs de Liliane Bettencourt.

Le 5, l'ancienne comptable des Bettencourt, Claire Thibout, déclare sur le site d'information en ligne Mediapart que ses employeurs ont participé au financement de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en versant, au début de 2007, 150 000 euros en espèces au trésorier de l'U.M.P. Éric Woerth. Le montant maximal du financement politique autorisé par la loi est de 7 500 euros pour un parti et de 4 600 euros pour un candidat. L'Élysée tout comme le ministre du Travail démentent ces allégations.

Le 7, interrogée par les policiers de la brigade financière dans le cadre de l'enquête préliminaire ouverte par le parquet de Nanterre sur un éventuel financement illégal de campagne électorale, Claire Thibout revient sur une partie de ses déclarations. À la suite de ce rebondissement, plusieurs ministres et responsables de l'U.M.P. critiquent vivement le site d'information Mediapart.

Le 11, le rapport réclamé par le ministre du Budget François Baroin au chef de l'Inspection générale des finances blanchit Éric Woerth de tout soupçon d'implication dans le dossier fiscal de Liliane Bettencourt.

Le 12, lors d'un entretien télévisé, le président Sarkozy évoque l'affaire Woerth-Bettencourt. Il prend la défense de son ministre du Travail, victime selon lui de « calomnies », confirme que celui-ci conduira la réforme des retraites et rejette les accusations de financement illégal concernant sa campagne présidentielle. Il conseille toutefois à Éric Woerth de renoncer à ses fonctions de trésorier de l'U.M.P. et annonce son intention de réunir une commission chargée de réfléchir à la question d'une meilleure réglementation des conflits d'intérêt en politique.

Le 13, Éric Woerth indique qu'il abandonne sa fonction de trésorier de l'U.M.P., démission qui sera effective le 30 juillet.

Le 15, quatre proches de Liliane Bettencourt, dont le photographe François-Marie Banier et le gestionnaire de sa fortune Patrice de Maistre, sont placés en garde à vue dans le cadre de l'enquête préliminaire sur un éventuel délit de blanchiment de fraude fiscale.

Du 21 au 29, Florence Woerth, épouse du ministre du Travail, puis Liliane Bettencourt et Éric Woerth sont entendus par les policiers de la brigade financière qui enquêtent également sur un éventuel délit de trafic d'influence.

— Universalis

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