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18-28 novembre 2011

Égypte. Reprise de la contestation et début des élections législatives

Le 18, des dizaines de milliers de manifestants, parmi lesquels une majorité de membres de l'organisation des Frères musulmans et de salafistes, réinvestissent la place Tahrir, haut lieu de la révolution au Caire. Ils exigent du Conseil supérieur des forces armées (C.S.F.A.), qui dirige le pays par intérim depuis la chute du régime d'Hosni Moubarak en février, qu'il se tienne à l'écart des travaux de l'Assemblée qui sera élue prochainement et cède rapidement le pouvoir aux civils. Les manifestants dénoncent notamment le document émis par le cabinet du Premier ministre au début du mois, qui fait du C.S.F.A. le « protecteur de la légitimité constitutionnelle de la nation », octroyant à celui-ci des droits sur la rédaction de la future Loi fondamentale.

Les 19 et 20, à la suite de la tentative d'évacuation de la place Tahrir par la police, les affrontements opposant celle-ci à de jeunes révolutionnaires radicaux qui réclament le départ immédiat du chef du C.S.F.A., le maréchal Mohammed Hussein Tantaoui, se soldent par la mort d'au moins douze manifestants. Les Frères musulmans se désolidarisent du mouvement afin de garantir la tenue des élections législatives à la date prévue.

Le 21, le Premier ministre Essam Sharaf présente sa démission au terme d'une nouvelle journée d'émeutes meurtrières.

Le 22, tandis que la mobilisation se poursuit, le maréchal Tantaoui affirme, dans un discours télévisé, que le C.S.F.A. « n'a pas l'ambition de prendre le pouvoir ». Il annonce l'organisation d'un scrutin présidentiel d'ici à juin 2012 et le maintien de la date des élections législatives qui doivent débuter le 28. Alors que le bilan des émeutes atteint une trentaine de morts, il affirme que « l'armée n'a jamais tiré sur ses propres concitoyens ».

Le 23, l'imam de l'université al-Azhar, cheikh Ahmed el-Tayyeb, la plus haute autorité de l'islam sunnite, exprime son soutien aux manifestants de la place Tahrir.

Le 24, le C.S.F.A. charge Kamal al-Ganzouri, ancien Premier ministre qui s'était démarqué du régime d'Hosni Moubarak, de former un gouvernement.

Le 25, des centaines de milliers de manifestants affluent de nouveau sur la place Tahrir pour réclamer pacifiquement le remplacement du pouvoir militaire par un gouvernement de salut national.

Le 28, les électeurs de neuf des vingt-sept gouvernorats du pays, dont ceux du Caire et d'Alexandrie, se rendent aux urnes. Le processus électoral doit se poursuivre jusqu'en janvier 2012.

— Universalis

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