WU JINGZI [WOU KING-TSEU] (1701-1754)

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Ce fils de famille mandarinale est un laissé pour compte du système des examens, volontairement peut-être, puisqu'il semble avoir été bien plus intéressé par les filles de Nankin que par la carrière. Wu Jingzi est passé à la postérité comme auteur du plus grand des romans satiriques chinois, la Chronique non officielle de la forêt des lettrés (Rulin waishi), en une cinquantaine de chapitres, dans un chinois vulgaire vigoureux et normalisé. Placée sous le règne de la dynastie précédente, la construction épisodique de la narration servira de modèle à un genre qui connaîtra une vogue nouvelle au tournant du xixe et du xxe siècle, non sans tomber dans la caricature à laquelle échappe généralement l'œuvre incisive de Wu Jingzi, dénonçant la mesquinerie morale et intellectuelle des lettrés plus que la corruption et l'incapacité des mandarins. Les éléments autobiographiques y occupent une place remarquable, fait sans précédent dans cette littérature romanesque où le lettré s'adresse pour la première fois aussi directement à ses pairs. Même si la première édition posthume, perdue, remonte à la fin du xviiie siècle, le roman appartient à la Chine du xixe siècle en proie à une crise qui va s'avérer irrémédiable. On ne saurait trouver d'introduction plus divertissante à ce monde à la fois lointain et proche d'intellectuels fauchés ou nantis, où se recrutait la bureaucratie d'un empire à la veille du plus formidable affrontement de son histoire.

—  André LEVY

Écrit par :

  • : professeur à l'université de Paris-VII, responsable de la section d'études chinoises à l'université de Bordeaux-III

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Pour citer l’article

André LEVY, « WU JINGZI [WOU KING-TSEU] (1701-1754) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 16 juin 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/wu-jingzi-wou-king-tseu/