VIENTIANE

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La capitale du Laos, Vientiane, comptait 373 000 habitants au recensement de 2005. Cette population urbanisée ne doit pas être confondue avec les 700 000 habitants de la préfecture de Vientiane, renommée Vientiane Capitale, qui comprend des districts périurbains et ruraux. La ville occupe une position originale sur la rive gauche du moyen Mékong au cœur de la péninsule, dont elle est la plus petite capitale, contrastant avec les autres capitales localisées dans les deltas. Vientiane a subi deux destructions par les Siamois en 1778 et 1828, avant que le protectorat français ne permette la refondation de la ville à partir de 1893. Après une expansion aux périodes de la colonisation et du gouvernement royal, l'avènement de la République démocratique populaire lao en 1975 lui a fait perdre à nouveau le tiers de sa population, partie en exil ou retournée dans ses villages d'origine.

Laos : carte administrative

Carte : Laos : carte administrative

Carte administrative du Laos. 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Si la ville coloniale a conservé la trame du bâti en bandes parallèles au Mékong, elle a progressivement substitué un réseau de circulation terrestre à la circulation fluviale. À partir du centre ancien, des radiales ont été ouvertes en direction des terrasses exondées, générant une urbanisation en éventail : d'abord vers l'amont en suivant la berge, puis vers les terrasses alluviales du nord-est et du nord, enfin vers l'aval depuis la traversée du Mékong par un bac, puis par un pont depuis 1994. Ces radiales, séparant les zones humides, ont permis la persistance de rizières et de mares à proximité du centre ancien. Les ruptures dans l'urbanisation ont contribué à la préservation d'un environnement naturel, participant à l'identité de Vientiane, qui a disparu de bien des capitales de la péninsule indochinoise.

L'étalement urbain s'est opéré selon deux modes : l'un en tache d'huile, précédant les infrastructures, procédant à partir d'anciens villages ruraux et générant un tissu discontinu ; l'autre en réseau, établissant un front bâti continu de part et d'autre d'axes encadrés par un tissu plus lâche en arrière. La ville se construit aussi, dans le péricentre et la première périphérie, autour d'équipements publics (marchés, campus ou hôpitaux). Ces pôles deviennent des points d'ancrage de l'urbanisation, génèrent de nouveaux quartiers et forment, avec le centre ancien, un réseau de centralités hiérarchisées.

La reconfiguration complète des réseaux viaires, de drainage et des eaux usées, entreprise grâce à des financements internationaux dans les années 1990, a contribué à accélérer l'étalement urbain. Le périmètre urbain a ainsi triplé au cours de la décennie 1990 pour atteindre 21 000 hectares en 2005. Il déborde largement l'espace urbanisé : 77 p. 100 des villages peuvent en effet être qualifiés d'urbains et ils occupent seulement 40 p 100 de sa superficie. Les densités, généralement faibles en raison de la large prédominance de l'habitat individuel, décroissent rapidement du centre vers les périphéries. Celles-ci reçoivent d'abord un transfert de citadins quittant le centre en raison de l'élévation du coût du foncier, ensuite une arrivée d'immigrants provenant des autres provinces du pays.

Les réformes économiques, notamment l'ouverture aux investissements étrangers, ont relancé, durant les années 1990, l'économie urbaine. Première bénéficiaire des réformes, Vientiane rassemblait, en 2005, le quart du P.I.B. national et disposait d'un revenu par tête de 1 092 dollars, soit plus du double de la moyenne nationale (491 dollars). L'industrie et le bâtiment arrivent largement en tête du P.I.B. (54 p. 100) mais comptent seulement pour 31 p. 100 de la population active. En revanche, les services l'emportent avec 53 p. 100 de la population active (et seulement 21 p. 100 du P.I.B.). La spécificité de Vientiane tient à la place significative qu'y occupe l'agriculture (19 p. 100 du P.I.B. et 16 p. 100 de la population active), comme l'atteste le paysage urbain avec le développement de la périurbanisation.

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Pour citer l’article

Christian TAILLARD, « VIENTIANE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 16 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/vientiane/