UN PORTRAIT DE FEMME, Henry JamesFiche de lecture

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Un roman de l'intériorité

Il faut la présence rafraîchissante de Henrietta Stackpole, une journaliste américaine qui se veut féministe, pour apporter une note d'humour à ce Portrait de femme. Osmond, en dandy réactionnaire et mesquin, constitue à lui seul une étude de perversité moderne : « Osmond mettait d'ailleurs une coquetterie à paraître prodigieusement impassible. Et sa mine actuelle n'était pas un symptôme de désappointement. À son habitude, il se montrait inexpressif en proportion directe de sa cupidité réelle. » Si Mme Merle est moins corrompue, son pragmatisme ne s'embarrasse pas de scrupules. Isabel, en dépit de ses qualités d'âme, fait le mauvais choix parce qu'elle s'obstine à vivre dans le jardin romantique de son imagination (le roman débute et finit dans le jardin de Gardencourt). En quête d'appréciation désintéressée, elle se trouve prise au piège de l'appropriation calculatrice. En sortira-t-elle ? Les dernières paroles de Ralph le laissent penser : « Je ne puis croire qu'une faute aussi généreuse que la vôtre puisse longtemps vous faire du mal. »

Un portrait de femme marque un tournant dans l'esthétique de James. Celle-ci repose désormais sur l'emploi de « personnages-réflecteurs ». Grâce à l'accumulation de scènes prises sur le vif et surtout aux commentaires des personnages, le tissu textuel devient moins discursif que narratif. La situation initiale revêt davantage d'importance, et son interprétation est soumise à tout un éventail de points de vue. Tandis que la réalité objective se réduit à un prétexte, l'exploration de l'âme de la protagoniste fait émerger les constantes de la sensibilité puritaine : l'obsession du mal et la contemplation morbide de l'innocence menacée. L'esprit épique qu'Isabel met à conquérir l'Europe devient dramatique dans la seconde partie, lorsque le Vieux Continent se révèle un enfer.

La narration repose principalement sur une vision particulière, qui fait de la perception de l'individu dans son co [...]

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JAMES HENRY (1843-1916)

  • Écrit par 
  • Diane de MARGERIE
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Dans le chapitre « Le regard »  : […] Dès l'abord, que ce soit dans ses vingt romans, dans ses nouvelles, qui dépassent la centaine, dans ses trois volumes autobiographiques ou même dans ses textes de réflexion critique, cette œuvre frappe par l'importance du regard. Pour James, en effet, voir c'est connaître, et connaître c'est posséder. Mais ce privilège est réservé à ceux de ses personnages qui acceptent de renoncer aux succès faci […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/henry-james/#i_24877

Pour citer l’article

Michel FABRE, « UN PORTRAIT DE FEMME, Henry James - Fiche de lecture », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 15 août 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/un-portrait-de-femme/