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TOUR DU MONDE EN BALLON

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Le 21 mars 1999, le Suisse Bertrand Piccard et le Britannique Brian Jones atterrissent en Égypte après avoir bouclé le tour du monde en « rozière », en 19 jours 21 heures et 47 minutes. Ce vol constitue aussi un record de durée, d'altitude pour ce type de ballon (11 755 m) et de distance, avec 40 813 kilomètres parcourus. Partis le 1er mars au matin (9 h 5) de Château-d'Oex (Suisse), ils ont survolé pas moins de vingt-cinq pays d'ouest en est. Selon le même principe de ballon que celui utilisé par Jean-François Pilâtre de Rozier (1754-1785) lors de son dernier vol, le 15 juin 1785, –  combinaison d'une montgolfière et d'un ballon à gaz empli à cette époque d'hydrogène – mais cette fois avec deux énergies modernes (l'hélium et le propane), les deux Européens ont réalisé, à une vitesse qui n'a jamais dépassé les 250 km/h, un des derniers exploits mythiques de ce xxe siècle. Si celui-ci est sans doute dû à la conjonction de trois éléments – équipe, technologie et chance – la partie technologique a grandement contribué à la réussite.

Pour son troisième essai (les deux premières tentatives ayant échoué en raison de problèmes techniques), Bertrand Piccard n'avait rien négligé. Fort de son expérience, il avait fait légèrement modifier l'enveloppe (haute de 55 mètres soit la taille de la tour de Pise) pour diminuer le volume d'air à chauffer, utilisant des matériaux isolants fabriqués pour la NASA, tout en augmentant la surface ignifugée de la partie supérieure. Ce qui avait pour but de réduire les besoins en propane. La partie ballon à gaz (localisée à l'intérieur de l'enveloppe), constituée de deux poches d'hélium d'un total de 18 500 m3 (15 p. 100 de volume supplémentaire que lors de la précédente tentative) avait été également transformée.

Une rozière, ballon mixte, est conçue pour utiliser, la journée, la partie ballon à gaz (l'hélium se dilatant avec le rayonnement solaire), et, la nuit, la partie montgolfière, la flamme des brûleurs réchauffant l'hélium. Ce gaz augmente en effet de volume avec la chaleur, ce qui permet au ballon de se maintenir en altitude (il pèse au décollage 8,1 tonnes – aussi lourd qu'un avion de chasse).

La nacelle (fabriquée en Kevlar et en fibres de carbone, mesurant 5,4 m de longueur, 2,5 m de largeur et 2,85 m de hauteur, soit un espace habitable de 13 m3 environ), dotée d'une quille pour flotter en cas d'amerrissage, était pressurisée pour voler à une altitude pouvant dépasser les 30 000 pieds (10 000 mètres), avec une température extérieure de — 56 0C. En dehors du confort rudimentaire pour affronter un maximum de vingt et un jours de vol, une technologie de pointe avait été embarquée, ainsi que les moyens de communication (radios, système GPS, balises, transpondeurs), permettant aux aérostiers d'être reliés à toute la planète et d'être suivis à chaque instant. La nacelle était harnachée avec une superstructure en titane pouvant supporter les vingt-huit réservoirs de propane de 100 kilogrammes chacun. À la différence des deux premières tentatives, du gaz propane alimentait les brûleurs, au lieu du kérosène : choix guidé par une meilleure connaissance de ce gaz dans le monde aérostatique par rapport à l'autre carburant utilisé par les avions. L'énergie électrique nécessaire à bord était obtenue par cinq batteries au plomb, rechargées par des panneaux solaires qui pendaient sous la nacelle.

Les pilotes étaient revêtus de combinaisons en fibres synthétiques isolantes, de type microfibres et fibres polaires, adaptées à la température intérieure de 15 0C, ainsi que d'équipements de survie de haute technologie.

Pour réussir un tour du monde en ballon, il faut décoller à une époque bien précise : l'hiver dans[...]

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Philippe BURON PILÂTRE. TOUR DU MONDE EN BALLON [en ligne]. In Encyclopædia Universalis. Disponible sur : (consulté le )

Article mis en ligne le et modifié le 14/03/2009

Média

Tour du monde en ballon sans escale - crédits : Nicolas Le Corre/ Gamma-Rapho/ Getty Images

Tour du monde en ballon sans escale