TLAZOLTEOTL

Une des déesses les plus importantes du panthéon mexicain. Son nom signifie « une autre Vénus » ou, sous la forme de Tlaelquarni, « mangeuse de choses sales ». Comme tous les dieux à connotation charnelle, Tlazolteotl est originaire de la côte du Golfe. Elle provoque la luxure, le péché de chair et les entorses à la morale sexuelle. Mais elle peut accorder le pardon pour les péchés commis et elle est aussi la déesse de l'enfantement. Tout homme et toute femme devaient se confesser à elle au moins une fois dans leur vie. Avant la confession, il fallait jeûner quatre jours et se faire des scarifications. Ensuite, il fallait acheter une natte en vannerie neuve, du copal (encens) blanc et faire pénitence. Le pardon accordé, on demandait souvent aux prêtres une cédule pour montrer aux autorités. En tant que purificatrice, Tlazolteotl est aussi patronne des bains de vapeur, originaires eux aussi de la région de Veracruz. À une certaine époque, toujours à cause de son rôle purificateur, elle devint la patronne du renouveau. Sous cet aspect, on lui offrait des sacrifices humains. En particulier, un jeune homme était tué et écorché et on revêtait la statue de la déesse de la peau fraîchement enlevée. Tlazolteotl fut la déesse la moins honnie des missionnaires espagnols, du fait même de son rôle de purificatrice et de rédemptrice, très proche de la pensée chrétienne.

—  Anne FARDOULIS

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Pour citer l’article

Anne FARDOULIS, « TLAZOLTEOTL », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 18 mars 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/tlazolteotl/