The Married Beau, PURCELL (Henry)

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Auteur

Purcell, sans doute le plus grand des compositeurs anglais, est avant tout un exceptionnel musicien de théâtre : il compose une cinquantaine de musiques de scène, six semi-operas (genre typiquement anglais désignant des œuvres théâtrales où la musique tient une place importante : King Arthur, 1691 ; The Fairy Queen, 1692...) et son seul véritable opéra, Didon et Énée (probablement créé en 1687), s'impose comme un des plus importants du XVIIe siècle. Mais son catalogue, d'une étonnante diversité, comporte aussi de la musique sacrée (anthems, services...), vocale (dont les célèbres odes "à la reine Mary"), instrumentale (sonates en trio, fantaisies...).

Genre

The Married Beau, or The Curious Impertinent, est une musique de scène composée en 1694 par Purcell pour la pièce homonyme de John Crowne. Elle comporte une ouverture, une suite et une chanson. Le plan formel de la suite (air lent, hornpipe, air, hornpipe, gigue, air à la trompette, marche, hornpipe on a ground) s'inspire de celui de la suite instrumentale mise au point par Johann Jacob Froberger sous l'influence de Girolamo Frescobaldi et des clavecinistes français.

Forme - Hornpipe on a ground

Le hornpipe est une danse anglaise offrant une grande variété de combinaisons métriques et dont l'origine est un pas de marin complexe, pour un seul danseur, à trois temps. Le ground désigne une suite de notes qui se répète tout au long d'une pièce ; chez John Blow ou Henry Purcell, il passe à volonté de la partie de basse (basse obstinée) à celle des voix supérieures. Purcell se singularise ici en décalant les séquences mélodiques entre les voix supérieures et la basse, parvenant ainsi à masquer la basse obstinée qui sert de support.

Esthétique

Les œuvres de Purcell se caractérisent par leur inventivité mélodique et leurs harmonies subtiles. Le compositeur combine des éléments issus du baroque italien et français avec certaines formes de la musique anglaise traditionnelle et réalise en un style "moderne" des plus personnels la synthèse des différentes influences de son temps : modalité et contrepoint hérités de la Renaissance, tonalité favorisée par l'essor du style concertant...

Langage

Purcell aime à employer des fausses relations (qui sont chez lui des archaïsmes hérités de ses grands prédécesseurs), des dissonances laissées sans résolution, des rencontres polyphoniques inattendues, des modulations oscillant entre mode majeur et mode mineur...

—  Alain FÉRON

Écrit par :

  • : compositeur, critique, musicologue, producteur de radio

Voir aussi

Pour citer l’article

Alain FÉRON, « The Married Beau, PURCELL (Henry) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 22 septembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/the-married-beau-purcell-henry/